Z

To F.,
Who raged the swell of passions.


In Darkness Ne'er Seen

I
In darkness ne'er seen
For long, I have been
Coming from all ways
To see thee always

II
They see thee here,
They show me thy passions :
A sword through mine knee,
No chance to go ahead ;
A waterfall of obsessions,
Burst in mine head.
An end
Too consuming to tell,
Too rent to live.

III
In secret thou killed
In silence I died.
I asked : Why a such destruction,
After a such illusion ?
And thou said, through thy cristal laugh ;
And thou declaimed, evil : « Just because
My name is Love ! »

15th Nov 2009



À F.,
Qui a déchainé la houle des passions
.



Dans Les Ténèbres Profondes

I
Dans les ténèbres profondes
Je me suis enfermé, jadis
Empruntant toutes les routes et toutes les ondes,
Pour contempler ton iris.

II
Et j'appelle depuis l'abîme en hurlant
Ton nom, tes yeux souriant,
Ton fantôme, omniprésent,
Qui tel un glaive me transperçant,
Empêche toute espérance ;
Et qui, telle une cascade obsessionnelle,
Dans son grondement
Suit toujours la même ritournelle.
Une fin
Trop brûlante à dire,
Trop déchirante à vivre.

III
En secret tu assassines
En silence je suis mort.
Et je crie : Pourquoi une telle destruction
Après cette chimère d'illusion ?
Et tu as dit, à travers ton rire de crystal cassant ;
Tu as déclamé : « Simplement parce que
Je suis l'Amour ! »

15th Nov 2009
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# Posté le mercredi 18 novembre 2009 07:54

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Arthur Rimbaud — Poésies

I

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
− On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir,
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
− Un chant mystérieux tombe des astres d'or.


II

Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
− C'est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;

C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
À ton esprit rêveur portait d'étranges bruits ;
Que ton c½ur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;

C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
− Et l'Infini terrible effara ton ½il bleu !


III

− Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis,
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
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# Posté le samedi 14 novembre 2009 16:58

................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................ La vengeance

................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................  La vengeance
Elle fuyait sur le chemin ; le vent s'était levé et son indomptable chevelure de feu s'était mise à brûler plus vivement que jamais, dansant autour de son visage et devant ses yeux ambrés, ne lui laissant qu'une vision étouffante, floue du chemin qu'elle prenait. Elle tentait régulièrement de dompter cette flamme, mais ça ne servait à rien : elle se brûlait les doigts. Elle n'y était jamais parvenue, avec aucune flamme.
Elle alla ainsi, la poitrine bouillonnante, l'estomac lourd, les pieds rendus insensibles par le froid, jusqu'à son sombre jardin bossu, torturé, ruiné. Là était archivé tout ce que Lara avait vécu.
Elle faillit se perdre une nouvelle fois parmi les crevasses qui s'étaient formées dernièrement. Cela lui arrive souvent lorsqu'elle se retrouve trop souvent dans ce jardin... Il la bat, la frappe par ses images, ses visions, il la fait tomber, ramper, se perdre et la prend au piège, par surprise, à chaque instant, n'importe quand, il revient, s'expose devant ses yeux et les maintient ouverts un bon moment par une force invisible et imperceptible, suprême, avant de se dissiper, satisfait, repu.
Elle se retrouve désormais au bord du dernier précipice apparu, l'un des plus grands. Il s'était formé lentement, plus doucement, plus sournoisement que les autres, s'étendant sur une étendue aussi large que le jardin, bien qu'il n'eût pas de fin. Elle se demandait si, à la fin, il ne serait pas plus qu'une succession de montées, pentes et entailles plus profondes les unes que les autres, et si on arriverait jamais à s'y promener sans encombre. Si seulement Il n'avait pas...
Ses orteils dominaient le vide, ses talons hésitaient à se rapprocher davantage. Elle tremblait, mais ça ne servait à rien : elle ne pouvait plus reculer.
Le fleuve lacrymal bouillonnait et ruisselait tellement fort en elle, qu'une goutte s'échappa du coin de son ½il trouble, et glissa, caressa sa fine joue fragile, et finit par l'abandonner, se jetant, fondant dans l'ombre de ce souvenir qu'elle affrontait, sentant naitre en elle à la fois une terreur et un soulagement, grandissant côte à côté, un peu plus à chaque instant. La larme amère fit un bruit sourd en s'écrasant. Alors un éclat, une étincelle de fumée, noire, profondément sombre, s'éleva lentement, s'enroulant, formant des dryades s'évaporant à peine formées, dansant, lentement, sûrement, envoûtant Lara, s'élevant toujours, et parvint enfin à sa hauteur. Alors celle-ci sorti de son songe, et les yeux embués, le regard désormais à jamais perdu, les lèvres désormais à jamais flétries, mortes, elle Le reconnut. Elle le considéra un long moment, tournant la tête sur le côté, laissant un léger sourire se dessiner sur son visage entre chaque tremblement, et la fumée humanoïde continuait toujours et encore à flotter, impénétrable et omniprésente, s'étendant à toutes les pensées de Lara, la forçant à fixer son âme à elle. Et parfois le vrai visage de ce démon paraissait s'esquisser dans la brume, mais s'évaporait aussitôt. Il semblait que le silence s'était insinué de partout, opaque et indestructible. La confrontation première semblait éternelle et immobile ; la fumée se mouvait lentement, subtilement ; Lara était en prise aux visions qu'elle lui lançait, immobile ; seuls ses yeux reflétaient sa terreur. Tout cela éclata soudain, et sa voix mortifiée et crue lança dans la densité oppressante du silence une lame tranchante :
- Dis-moi, à quoi ça sert de prétendre ? Je suis ton pion, tu m'as ajouté à ta liste de jeu ; tu ne m'as pas expliqué les règles... de l'amour... non, de l'hypocrisie !
Dis-moi... Quand dois-je croire, quand dois-je fuir ? Quand dois-je espérer, quand dois-je supplier ? Quand dois-je me donner, quand dois-je te blâmer ? Quand dois-je emprunter des ailes au ciel, quand dois-je donner mon âme à l'enfer ? Quand dois-je brûler en te voyant, quand dois-je mettre à glacer mon c½ur dans le réfrigérateur ? Lui le protège, le glace, ne lui fais plus rien ressentir, le paralyse. C'est ce que je veux désormais. Toi, exact opposé, toi, tu me donnes de faux sentiments, avec comme consigne indétournable et fatidique, de les consumer à petit feu, en souffrant en y mettant chaque fibre de mon corps et de mon âme ! mais qu'ils sont naïfs ! Et destructeurs ! Ils bouffent et trouent mon c½ur !
Dis-moi, à quoi ça sert de conquérir ? Un empereur ne conquerra pas une terre infertile et desséchée ! Alors, dis-moi, à quoi bon dompter un c½ur rempli d'un espoir que tu vas aussitôt assassiner, écraser, transformer en une crevasse de plus dans mon jardin intérieur, dans mon c½ur ?
Elle attrape le poignard que présentait la fumée monstrueuse, l'enfonça dans son sein et de son corps coula du sable noir, luisant sous Vénus, brillant dans la nuit éternelle ; il coula jusqu'au fond du précipice. Les yeux enfin clos, Lara était tombée doucement comme une fleur.

# Posté le lundi 24 août 2009 13:13

Modifié le samedi 29 août 2009 18:00

................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................ L'incendie du coeur

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Rendez à mes paupières le sommeil qui m'est ravi ; et dites-moi où ma raison s'est envolée.
Quand j'ai laissé l'amour loger en ma maison, le sommeil est devenu l'ennemi de mes yeux.
Ils disaient : "Qui t'as séduit, toi que nous prenions pour un juste ?"
J'ai répondu : "Cherchez-en la cause dans son regard !"
Oh ! je l'excuse d'avoir répandu mon sang, car j'avoue que je l'y ai poussé.
Il a jeté sur le miroir de mon esprit son image pareille au soleil ; et son reflet a porté l'incendie au c½ur de ma vie".


(Extrait des Milles et Unes Nuits, histoire du Porteur et des Trois Dames)

# Posté le lundi 24 août 2009 13:13

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Les deux peaux se frôlaient, frémissaient, tremblaient. Il ferma les yeux pour mieux sentir Sa présence, mieux ressentir son amour. Il posa ses lèvres sur les siennes, douceur de pêche et amertume de l'adieu. Les yeux voilés, la douleur lui brûlait ces voiles. Ils s'ouvrirent alors, tel une fleur qui éclot à l'aurore. Une courbe lacymale se dessina le long de sa joue, lui écorcha la peau. Il aspira un peu de Son essence à travers ses cheveux de soie. Ta chevelure, fleuve d'un noir de jais s'écoulant, s'écroulant sur ces épaules frêles et fines. Parfum de renaissance et de passion douloureuse, il s'enivre. Ô douceur, mordre ta joue et te sentir en moi. Raison de vivre, de respirer. A l'aurore, nymphe et fraicheur ; à l'aube, toujours la même. Ô malheur, des clous à travers mon c½ur lorsque tes lèvres se séparent un instant des miennes. Elles virevoltent lorsque tu me dis tes mots, ceux qui dominent ma vie. Elles sont là, ces lèvres, à virevolter et à cracher ces mots sacrés. Alors le désir me brûle et m'empoigne, et je les embrasse au vol. Toujours s'embrasser, s'enlacer, ce serait ça, la vie.
Le souffle chaud était leur langage. Frisson le long de son échine, sur sa lèvre et dans le c½ur, à l'endroit où tu m'as touché. Chaque soir nous regardons l'étoile polaire au même instant, et quelle que soit la distance qui nous sépare, nos regards fusionnent, tu es en moi. Aime-moi, mord-moi, tue-moi. Encore. Toujours. Souvent, ce n'est pas assez.


# Posté le mercredi 15 juillet 2009 15:32

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LifэЄditor


Actualités .


~ Nouveaux portraits pour projet "Life Editor" en préparation & traitement.



эЄ



Saisir l'instant présent.
Photo ou pas
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# Posté le dimanche 23 novembre 2008 05:03

Modifié le dimanche 05 juillet 2009 07:24

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Le Châtiment.




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# Posté le dimanche 05 avril 2009 12:33

Modifié le vendredi 17 avril 2009 17:23

................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................ Je pensais t'aimer

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Nouvelle complète


C'est un coin de paradis où chantent des rivières...


Anna est allongée tranquillement sur son lit, elle dort paisiblement et sans souci. Ses cheveux brillent comme le soleil au dehors, avec un éclat qui vous éblouit et vous rend aveugle jusqu'à ce que l'or se mette à tomber à l'horizon. Ils forment des petits ruisseaux noirâtres, fuyants à travers les collines blanches à pente douce que sont les plis immaculés du drap, et le contraste ne fait que rendre la scène plus belle. Le paysage ici est beau à voir.

Au dehors, le soleil se montre et se pavane, s'infiltre un peu partout, dans les branches des arbres et dans le c½ur des gens. La mer, que peut observer Anna depuis le balcon de sa chambre, s'étend jusqu'à la ligne, loin là-bas, où se rencontrent le bleu azur du ciel et les vagues ; ces dernières, révoltées et fougueuses, se projettent en avant, comme si elles voulaient galoper plus vite que le vent, et parfois Anna les envie en les contemplant.

C'est alors qu'une jeune fille entre ; elle porte une robe légère à dentelles, et marche sur la pointe des pieds. Son visage ovale la rend douce à regarder, et elle pince ses lèvres, laissant deviner le soin avec lequel elle s'applique à ne faire aucun bruit dans ce monde, beaucoup trop sage à son goût. Elle s'approche du lit où repose sa jeune s½ur, s'allonge près d'elle, le visage souriant d'Anna en face du sien, et tend sa main vers ses longs cheveux soyeux qui flottent et coulent sur le drap. Elle les touche, les caresse ; elle plonge son regard dans celui, rêveur, de sa s½ur dont les yeux sont clos. Alors, d'une voix douce et un peu enfantine :

« - Mon Dieu. Tu es belle comme ça. »

Alors, la jeune femme se lève et se dirige lentement vers une commode de bois blanc, dressée comme en évidence de l'autre côté de la pièce. Elle s'approche, ouvre le tiroir du haut ; une enveloppe de papier noir se tient devant elle. Elle semble venir d'un autre monde, lointain et difficile à vivre. Aucune plume, aucun bijou, rien de plus ne se trouve à l'intérieur. Elle est intriguée ; sa s½ur, si solitaire, ne reçoit jamais de lettre. Ni quoi que ce soit d'autre.
Elle la décachète, prend avec ses mains de marbre la liasse de feuilles qui remplissaient cette enveloppe de Pandore, cette enveloppe remplie à ras bord de mots et de douleurs. L'écriture est fine est soignée, le papier bien choisi et humide. Il a une couleur brune, pimentée, épicée.

« Ma Douce Morphée,
Je t'écris depuis l'Enfer, où mes pensées pour toi sont plus obsédantes que celles pour mon Destin. Je ne sais quoi faire ; je sais juste que je t'aime.
Ici tout est noir, et je vois bien quel est mon Destin ; je ne cesse de t'attendre. Je souffre plus par tes blessures que par les leurs, celles que j'ai subies lorsque tu m'as dit tes derniers mots m'ont transpercé le c½ur, car elles étaient profondes et tes paroles étaient aigües comme des aiguilles. C'est pourquoi je suis soulagé à présent, de souffrir moins qu'avant, mais toujours un peu. Je suis si loin de toi le jour...

Pourtant la nuit, je retombe dans tes bras, ma douce Morphée, et je te revois. Belle, aussi belle et douce qu'auparavant. On se regarde, tes yeux au fond des miens et les miens regardant jusqu'au fond de ton c½ur ! Et puis je suis arraché de mon songe, je souffre à nouveau, je retombe à une vitesse folle en Enfer. Après le paradis, c'est toujours dur. Mais si je ne te voyais pas chaque nuit, je mourrais à nouveau.

En me disant que tu ne m'aimes pas, que tu ne m'as jamais aimé, ni ne m'aimera jamais, mon c½ur s'est éboulé en gros morceaux. Je n'ai pas pu tous les retrouver, car ils se sont envolés dans le ciel et dans la mer, à travers les montagnes et dans chaque recoin du monde, pour être sûrs que je ne puisse jamais les recoller ensemble. Mon âme aussi. Ma conscience aussi. J'ai tout vendu, autant récolté ce que j'ai semé. Et je n'ai pas obtenu grand-chose ; c'est bien normal, notre pommier n'a pas grandit. Tu as refusé de croquer ces belles pommes rouges, lisses et juteuses, celles de la vie, avec moi. Tu as refusé de partager ta vie avec la mienne, d'escalader les montagnes de l'amour vers les plus hauts sommets.

Maintenant je suis parti. Je souffre encore. Toi aussi ? Souffres-tu ? Regrettes-tu nos moments ensemble, ceux de vie, ceux de bien-être ? Et toi, es-tu partie ? Es-tu sur la route pour me rejoindre ? Viendras-tu, te sacrifier, pour moi, pour nous, viendras-tu jusqu'en Enfer pour vivre le paradis avec moi ? Ou bien resteras-tu dans ton paradis blanc, et continueras-tu à vivre l'enfer de ta vie ? Et l'enfant que nous avions imaginé en rêve ? Le feras-tu avec un autre ? L'aimeras-tu plus que moi, cet autre, et lui, t'aimera-t-il plus que moi ? Me pardonnes-tu... ?

J'ai honte de ce que j'ai fait. Honte. Le mot est insupportable à prononcer, à imaginer. Je comprends ta colère, ta douleur, ton envie de me voir partir, m'envoler loin, et m'oublier. Mais si tu n'avais pas été là, aurais-je eu honte ? Si ton regard ne m'avait pas blâmé si fort, si tes mots ne m'avaient pas condamné avec tant de mépris, si ton c½ur n'avait pas battu le mien en voyant ce que j'ai fait, aurais-je eu honte ? Je te l'avoue, mon ange, je ne pense pas. Sans ton regard noir, sans le regard de l'autre, la honte n'existerait pas. Alors, peut-être est-ce dans ma nature, peut-être est-ce dans mon c½ur, mais je ne m'entends pas avec la Fidélité. Je t'aime, oh, mon Dieu, que je t'aime. J'aimerais te serrer contre moi, sentir ton souffle mêlé au mien, et tes mains de soie, ton regard si doux, ton sourire de miel, que je t'aime ! Cela me fait un point au ventre, j'ai envie de sourire le soleil, tellement je t'aime ! Mais. Le mot qui a changé ma vie. Mais, ma faute est impardonnable. J'ai honte, tellement. Les courbes de son corps étaient si parfaites, comme les tiennes, sa bouche si fine, comme la tienne, et sa chevelure si fluide, comme la tienne. Elle te ressemblait tant, Diane.

Je t'attends ce soir, je me jetterai dans tes bras, comme chaque soir, pour revivre les temps passés ; et peut-être, le moment présent. J'attends ton pardon, que ta voix de nymphe vienne embrasser mes oreilles, que ton corps paradisiaque vienne rejoindre le mien tant blessé. »

Pour toute signature de l'élégie, une larme. La silhouette reposa la lettre dans le tiroir, le repoussa doucement, s'approcha sans bruit du lit. Elle s'allonge près de sa s½ur ; des larmes perlent aux coins de ses yeux gris. Elle porte son regard vers les cheveux d'Anna : cela fuit toujours à travers les collines blanches du drap immaculé, mais c'est devenu rougeâtre, et cela tâche le blanc comme du vin. Diane y plonge le doigt, le porte à sa bouche. Le goût de la vie.

Anna a quitté à jamais son monde en allant défier les vagues galopantes de l'amour, pour l'homme de sa vie, de sa mort.


# Posté le samedi 14 mars 2009 17:34

Modifié le samedi 21 mars 2009 12:00